Dans mon travail personnel de photographie, j'ai toujours plus cherché à exprimer une émotion relative à un sujet donné, que de simplement le documenter. J'ai utilisé pour cela, d'abord la gomme bichromatée, puis le numérique grâce au développement de l'informatique qui me permit d'élaborer mes outils de "pixoplastie".
L'image photographique numérisée, ou numérique, sert de matrice originale à l'étude de son ou de ses évocations. Les constituants de cette matrice, les pixels, me fournissent une matière aussi malléable que de la glaise.
Mon but n'est pas de déformer une image ou de faire des effets, mon désir est d'utiliser les éléments qui la composent pour explorer la potentialité de son contenu afin de me faire découvrir d'autres univers.
En juin 1995, le Conservatoire du Littoral m'avait commandé un travail photographique sur le site de La Plaine des Maures (Le Cannet des Maures – Var) afin de communiquer avec leurs partenaires en vue d'acquérir cette réserve naturelle en 1996.
Quand je prends une photographie, je cherche toujours à répondre à trois questions : quoi, comment et pourquoi ?
Pour La Plaine des Maures, des émotions totalement différentes bousculèrent ces principes établis.
Seul humain au milieu de plus de neuf cents hectares de paysages fossiles issus de quelques millénaires d’évolution et d’érosion, ma seule interrogation fut : comment ?
Considérant le principe de Lavoisier : « rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme », j'ai réalisé que mes photographies contenaient en fait toute la matière relative à cette évolution.
La redistribution, par la pixoplastie, du contenu de ces prises de vues, m'ouvrit la porte sur leur propre univers pictural. Je l'explore à la recherche d'émanations potentielles, représentatives de la Genèse de La Plaine des Maures.
Toutes les images de la galerie sont de 2025-2026