Bernard Reyboz
Bernard Reyboz

Bernard Reyboz

Bernard Reyboz est né à Lyon le 19 octobre 1951. Il s’est imposé comme une figure singulière de l’art contemporain français, mêlant peinture, sculpture, dessin, illustration et installations dans une œuvre protéiforme où matière et imagination dialoguent sans cesse. Dès ses études aux Beaux-Arts de Besançon puis à la Villa Arson à Nice, Reyboz se forge une culture artistique ouverte, nourrie à la fois par la rigueur académique et par la liberté créative qu’il découvre sur la Côte d’Azur, où la lumière méditerranéenne semble déjà éveiller son regard. 

Au début de sa carrière, il travaille dans l’illustration, la publicité et l’édition, collaborant notamment avec des revues comme *Fluide glacial*, avant de décider, à la fin des années 1970, de se consacrer entièrement à sa création artistique. Ce choix marque un tournant décisif : Reyboz explore des territoires plastiques qui mêlent observation du réel et invention poétique. Son œuvre ne se satisfait jamais de l’évidence, mais cherche au contraire à déployer des formes qui suscitent l’étonnement et l’interrogation. 

Un élément naturel simple, comme les galets de la Baie des Anges qu’il découvre lors d’un séjour à Nice en 1972, deviendra l’un des fils rouges de sa recherche plastique. Ces galets, d’abord rendus par des techniques de trompe-l’œil, deviennent ensuite des motifs, des sculptures et des objets plastiques qui questionnent la perception, l’ordre et l’origine des formes. 

La trajectoire de son travail se déploie alors comme une véritable exploration de la matière et de la forme. Il conçoit des séries intitulées *Galets*, *Monolithes*, *Textures*, *Champs de percussions*, *Tripodes*, *Magmas* ou encore *Mouvants*, chacune révélant une manière unique de jouer avec la structure, la densité et la présence. 

Cette œuvre ne se limite pas à la simple représentation : elle engage une véritable démarche créatrice où l’objet devient à la fois sculpture, image et poésie. Les formes qu’il invente possèdent une charge évocatrice très forte, suggérant des mondes parallèles, des architectures organiques ou des paysages imaginaires. 

Son travail est souvent qualifié de « véritable démonstration du vivant », car il ne cesse d’explorer la force intrinsèque de la matière, mais aussi la manière dont elle peut être réinventée afin de révéler une énergie profonde, presque tellurique. 

Plusieurs expositions majeures jalonnent son parcours, notamment au Centre international d’art contemporain de Carros en 2012, où il expose peu avant sa disparition, choisissant et organisant lui-même le dialogue entre ses œuvres et l’espace d’exposition. 

Cette exposition, intitulée « Sans titre », témoigne de l’ampleur de sa pensée plastique et de sa capacité à faire résonner les formes entre elles, créant ainsi une expérience sensible et intellectuelle pour le spectateur. Le travail de Reyboz fait également figurer un catalogue raisonné publié en 2009 qui documente deux décennies de production intense et de recherche formelle. 

Son œuvre a été montrée à Nice, Tokyo, Paris et Pusan, signe d’un intérêt international pour sa singularité et l’originalité de sa démarche.

Au-delà de l’art plastique, Reyboz possède un sens de l’humour marqué, perceptible dans certaines de ses séries ou dans ses dessins humoristiques rarement exposés mais révélateurs de sa personnalité ludique et inventive. 

Il meurt à Antibes le 4 janvier 2012, alors qu’il préparait encore de nouveaux projets, laissant derrière lui une œuvre riche, protéiforme et profondément originale. 

Son héritage artistique reste marqué par une capacité rare à questionner la nature du réel et à proposer des visions où la matière semble vivante, en mouvement, et toujours ouverte à de nouvelles interprétations. 

Bernard Reyboz n’est pas seulement un créateur de formes : il est un artisan de la perception, un explorateur du monde sensible qui invite chacun à regarder au-delà des apparences pour découvrir le mystère et la poésie cachés dans l’ordinaire.

 

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